#onfaitquoi2020, Madame Emilie, P'tite vie de prof / 2020-04-14

ET si ça va bien aller…devenait ça va mieux aller?

ET si ça va bien aller…devenait ça va mieux aller?

Pour ce texte, je décide de ne pas parler du stress qui peut nous ronger dans ce moment d’incertitude, du deuil omniprésent de nos élèves, des inégalités dans les foyers et entre milieux, ou de la violence et de la dépression pouvant surgir de ce confinement.

Je décide de seulement parler du côté sucré du « mini-wheat », de la lumière de cette tempête, celle-là pouvant être aussi belle que larcenciel. Prenons le temps de l’honorer.

Les merveilles du quotidien

Depuis l’arrêt des classes, je communique chaque jour avec mes élèves, et je vois les merveilles qu’ils font au quotidien.

Profiter du soleil ou danser sous la pluie. Être plus en contact avec la Terre en faisant des mangeoires pour oiseaux, des dessins avec des branches, admirant la lune rose ou les pissenlits qui poussent, découvrant le printemps qui se réveille tout doucement.

Je les vois faire plus de motricité globale pour aller compter les arcs-en-ciel dans les fenêtres, ou apprendre avec persévérance à pédaler à « deux roues ». Je vois leur entrée se transformer en gymnase, leur cour en sanctuaire. Et… s’ils se connectaient à la Terre et n’oubliaient jamais que nous n’y sommes pas supérieurs?

Quelle belle leçon d’humilité, ce serait.

Le slow-living

À travers ce confinement, j’y vois aussi l’éloge à la lenteur, le slow-living.

Ces enfants peuvent être dans le moment présent, en pleine conscience…et en pyjamas. Ils apprennent même à s’ennuyer, à méditer, à respirer, le temps s’est arrêté.

Ils ressentent l’importance de la famille et de tous ces souvenirs créés qui s’accumulent, et la plupart, collés collés. Ils apprennent à prendre soin de leur aînés, en leur lisant des histoires virtuellement ou en leur racontant des anecdotes par téléphone, mettant les gestes sur les mots « je t’aime ».

Ils connaissent M. Legault, et voient les adultes écouter des consignes pour la santé de l’humanité. Ils apprennent par l’exemple. Ensemble, unis.

On leur demande de participer plus équitablement à la vie familiale, on leur octroie des tâches ménagères supplémentaires, leur offrant les bases de la solidarité et de l’autonomie.

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Tellement à apprendre!

Ils apprennent aussi à se désennuyer, optimiser leur plein potentiel.

Je les vois, à tour de rôle, devenir jardiniers en se salissant les mains, planter leurs semis, faire germer leurs graines et repousser leur laitue à l’infini. Je les vois faire leur petit pain et se gâter avec des biscuits sortant du four.

Je vois leur coupe de cheveux maison et leur manucure arc-en-ciel. Je les vois s’occuper enfin d’un animal domestique, peindre à la Picasso, peinturer le salon, aider papa avec sa cabane à sucre ou faire un plan du quartier pour m’indiquer quel camarade de classe habite près.

Et si, en touchant à tout, ils découvraient toutes les parcelles de leur personnalité et leurs réelles passions?

En grand bonus, ils répètent comme ils s’ennuient de l’école. Et s’ils étaient reconnaissants d’être assis là, après tout ça, et ne prenaient plus leurs amis pour acquis?

Et si… ça va bien aller, devenait, ça va mieux aller?

Écrit par Madame Emilie

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