#onfaitquoi2020, La Miss, P'tite vie de prof / 2020-04-27

Ma semaine en service de garde d’urgence

Depuis le début, plusieurs services de garde d’urgence ont été mis à la disposition pour les personnes oeuvrant dans les services essentiels. On a dû adapter des milieux pour recevoir en toute sécurité les enfants et les travailleurs. Chaque commission scolaire a établi leur procédure pour s’assurer du bon fonctionnement.

C’est sur une base volontaire que ça m’a été présenté.

Je vous l’avoue qu’au début, j’aie eu peur de m’embarquer, je voulais rester en sécurité avec ma famille, même si le désir de faire ma part était fort en moi. J’ai fini par me porter volontaire, en attendant patiemment mon tour!

Et ça a été le cas dans la semaine du 20 avril.

C’est le mardi à 9h que j’ai reçu l’appel. Je me suis dépêchée, sans trop penser à ce qui m’attendait. J’avais déjà angoissé la veille, l’avant-veille, la semaine avant, le mois avant, etc.

Arrivée là-bas, dans une école que je ne connais pas du tout, j’étais perdue.

On m’a expliqué les grandes lignes, on m’a ouvert une classe avec quelques dessins, des jouets et des jeunes sont arrivés.

Des jeunes que je ne connaissais pas, excepté un. Lorsque je l’ai vu, la joie me remplissait le cœur. Que ça faisait du bien de le voir, après tout ce temps! Je le voyais dans ses yeux qu’il ressentait le même sentiment que moi. Ça m’a rassuré de l’avoir avec moi pour ma première journée!

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Une adaptation

Ça a été une journée d’adaptation à cette nouvelle réalité. Il a tant de trucs à intégrer : le deux mètres, le lavage des mains à chaque changement de lieu et le peu de matériel. J’avais un groupe de 5 à 8 garçons qui ne jouaient pas beaucoup, mais avaient un besoin de parler de leurs jeux vidéos ou de n’importe quoi. Dès que je racontais des trucs, ils m’écoutaient et on se taquinait. Une complicité s’est tissée rapidement entre nous.

Avec mon groupe, on a réinventé le jeu de la Traverse Québec/Lévis avec des planches à roulettes et un bâton de hockey mousse. J’ai eu du plaisir! Nous avons même exploré le mini boisé derrière la cour. On a tellement joué à la cachette! On essayait que tout soit normal!

La force cachée des enfants

Pendant ma semaine, j’ai remarqué que ces jeunes en ont vu des éducateurs différents depuis le début. Ils sont tellement résilients avec le stress qu’ils vivent parce que leurs parents sont nos anges gardiens.

Également, eux ils sont dans une école, au lieu d’être à la maison. Ils créent rapidement des liens avec nous et nous aussi avec eux. Je me suis attachée à ses jeunes que je ne recroiserai peut-être pas. J’ai aussi remarqué que les frères et sœurs se collaient et restaient proches. Ils avaient besoin d’être ensemble, se sentir en sécurité.

Même nous, lorsqu’on voyait nos collègues, on ressentait plusieurs émotions et on avait besoin de se dire qu’on est content de se revoir et d’être ensemble.

Fatiguée, mais heureuse!

Cette semaine-là, j’ai arrêté de focuser sur moi. Oups! J’ai oublié de vous dire que tous les soirs, mon stress me faisait paniquer sur le moindre mal. J’étais fatiguée, mais heureuse d’avoir apporté ma fraîcheur aux jeunes. Moi qui n’aime pas faire des journées pédagogiques, je viens d’en faire 4 en ligne et j’ai été là à 100 %; souriante et en essayant de ne pas être trop être anxieuse.

Je ne sais pas quand nous serons tous de retour sur les bancs d’école, mais une chose est certaine, je me porterai volontaire pour une prochaine fois. À moins que l’école recommence…

Écrit par: La Miss

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